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Electromobilité - Réflexions sur un tarif de rechargement public

Réflexions sur la base d’une grille tarifaire pour le rechargement de véhicules privatifs dans des stations d’électromobiltié sur voirie

lundi 16 janvier 2012
Mis à jour le samedi 10 août 2013

La mise à disposition d’infrastructures permettant le rechargement de véhicules électriques a débuté dans certaines agglomérations il y a déjà de nombreuses années. Cependant, un modèle économique n’a pas encore été trouvé. En effet, plusieurs contraintes existent : l’électricité à fournir pour une charge normale (3 kVA) représente un coût d’environ 1,50 à 2€ pour 100 km. L’installation d’un point de charge simple est une opération peu coûteuse. En revanche, si on souhaite ajouter des fonctions indispensables pour une borne accessibles au public et particulièrement lorsqu’elle est sur voirie (sécurité, restriction d’accès, protection contre le vandalisme...), les coûts augmentent. Répercuter le coût de l’installation de l’équipement sur le paiement de l’utilisateur entraîne un coût supérieur à une recharge à domicile, alors même que cette dernière présente des avantages pratiques évidents (puisque le véhicule dort à domicile, son immobilisation pour une charge complète nécessitant 6 à 8h n’est pas un problème !).

Le modèle économique n’ayant pas été trouvé, trois solutions coexistent :

  • Pas de facturation (prise en charge par la collectivité)
  • Pas de facturation ou facturation par abonnement avec support des coûts par le biais d’un service d’autopartage de véhicules électriques (ex. de Nice Côte-d’Azur ou Autolib’ Paris)
  • Pas de facturation ou facturation par abonnement avec support des coûts par le biais du service de stationnement en ouvrage (lorsque les points de charge sont eux-mêmes dans les ouvrages) - c’est la solution adoptée par le Gesta (régie des stationnements de la ville d’Angoulême)

La facturation à la recharge bute sur deux difficultés :

  • Le moyen de paiement
  • Le consentement à payer

Les stations-services belges d’un grand groupe pétrolier français ont expérimenté la charge ouverte au grand public. Tout type de charge (normale pour 1h, accélérée pour 20 min ou rapide pour 10 min) était facturée 4€. L’expérimentation est pour l’instant un échec (voir http://www.avem.fr/actualite-belgique-les-bornes-de-recharge-de-total-ne-font-pas-recette-2471.html) avec une moyenne d’une recharge hebdomadaire par site.

La plupart des facturations reposent sur des formules d’abonnements avec rechargement “illimité”. Elles s’adressent ainsi soit à des personnes qui ne disposent pas de la possibilité de recharger leur véhicule à domicile, soit qui l’utilisent de façon intensive et profitent du stationnement pour récupérer de l’autonomie. Cette dernière catégorie d’usagers représente probablement une faible part de la population car elle nécessite d’avoir dépasser la “peur de la panne”. Quant au rechargement sur voirie des personnes ne pouvant recharger à domicile, le Livre Vert recommande de l’éviter.

Au regard de ces contraintes, il est possible que la plupart des agglomérations adoptent une tarification identique à celle du stationnement "normal".

Le choix du GrandAngoulême est de commencer par une tarification incitative. Les tarifs sont de 1€ par palier (tout palier entamé est dû) :
* Charge normale : palier de 60 min donc 1€ par heure
* Charge accélérée : palier de 20 min donc 3€ par heure
La charge est limitée à deux heures afin de favoriser la rotation.

Autolib’ Paris ne fournit pas de charge accélérée mais il a adopté récemment le même tarif horaire pour la charge normale. Deux autres approches sont intéressantes :
* La tarification de nuit (20h à 8h) est identique mais plafonnée à 4€ sur la période (pour la partie autopartage de mobili’volt, un dispositif identique a été adopté dès le lancement)
* Des tarifications spéciales sont prévues pour la charge des deux-roues (dispositions inapplicables lorsqu’on ne dispose que de prises type 3)

De tels tarifs semblent se situer en-dessous du consentement à payer. Les éventuels freins à l’utilisation du service sont alors de nature différente :
* S’équiper de câble débouchant sur une prise type 3 si son constructeur n’en fournit pas de série ou accepter de le louer (6€ par mois) -> les utilisateurs occasionnels peuvent préférer se passer de recharge
* L’utilisation d’un badge RFID sans espace de vente (vente à distance en ligne) nécessite d’anticiper son utilisation et ne s’adresse donc pas à une clientèle de passage

La recherche d’un modèle économique pour la charge sur voirie continue...