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(BHNS) (Ligne existante) Gorge-de-Loup - Vaugneray (« LEOL », SYTRAL)

samedi 4 avril 2015
Mis à jour le samedi 4 avril 2015


État initial


Depuis la disparition du FOL en 1954, de nombreuses voix se sont fait entendre pour exiger sa réouverture ou, à défaut, sa transformation en chemin de fer touristique. Pendant de nombreuses années, alors que les possibilités techniques existaient cela n’a pas été réalisé car allant à l’encontre de la vision de l’époque.
- D’une part, en termes purement économiques, il est probable que l’autocar était moins déficitaire. La congestion n’était pas encore là et la question des pollutions n’était pas prise en compte. De plus, comme aujourd’hui, si elles l’avaient été, ce n’est pas l’autorité responsable des choix en matière de transports collectifs qui aurait dû l’assumer ! De son point de vue, l’autocar était donc sûrement moins cher.
- D’autre part, comme pour la plupart des personnes (et notamment chez les décideurs), les voies ferrées locales étaient des signes d’archaïsme, il paraissait saugrenu d’envisager de réouvrir un itinéraire tel que le FOL, même pour une desserte touristique ! On peut aussi émettre l’hypothèse que les projets de ce type n’étaient peut-être pas assez bien ficelés (contrairement au Tournon - Lamastre une quinzaine d’années plus tard).

Certaines des emprises ont alors été petit à petit grignotées par l’urbanisation. Cependant le phénomène n’a pas été complet car les propriétés restaient publiques. La collectivité n’a visiblement pas spécialement cherché à valoriser économiquement ses terrains et a donc plutôt répondu aux sollicitations extérieures. Il fallait alors que les espaces aient un potentiel pour que des opérateurs privés entament des démarchent pour acquérir les terrains. C’est ainsi que la plupart des parcelles "disparues" ont été achetées par des riverains qui souhaitaient agrandir leur terrain ou des particuliers qui voulaient se construire une maison dans des secteurs viabilisés. A l’inverse, ces emprises représentaient une opportunité pour les collectivités pour la réalisation d’infrastructures ou superstructures : piscine intercommunale de Vaugneray, réalisation de la rue centrale de Craponne...


Le retour du tramway en France


Depuis les années 1980 et les réalisations de Grenoble et Nantes, on conçoit désormais le tram comme un système de transport et pas uniquement un mode. Cela consiste à essayer de donner « artificiellement » au tram le plus possible d’avantages que le métro possède de manière intrinsèque : grande capacité si besoin, fréquences importantes possibles, temps de trajet garanti... Dans les années 1990, le tramway regagne ainsi peu à peu, grâce à ces aménagements, une image de modernité. Les études concernant la réouverture de l’ancien Chemin de Fer de l’Est de Lyon soutenues depuis 25 ans par une partie des élus sont alors lancées et vont aboutir à la mise en œuvre du projet LEA/LESLYS (i.e. tram T3). Dès lors, les mêmes réflexions vont être adoptées pour l’ancien FOL et la ligne Sathonay-Rillieux - Trévoux. Chaque situation est cependant spécifique [1] et pour ce site, nous allons évidemment nous concentrer sur l’ancien FOL.


Projet officiel : « LEOL »


Les citations qui suivent sont extraites du compte-rendu du comité Syndical du SYTRAL de juillet 2006 :
"L’objectif est avant tout de trouver une solution rapide et pragmatique pour améliorer la desserte du secteur de l’ouest lyonnais en saisissant l’opportunité de réutiliser un espace disponible et en définissant une stratégie à court, moyen et long terme.[...]pour la réalisation d’une liaison par transport en commun en site propre, entre Lyon (Gorge de Loup) et Vaugneray, liaison qui devrait réutiliser toute ou partie de l’emprise de l’ancien chemin de fer qui reliait ces deux communes, ce qui améliorerait la circulation des lignes 73 et 74."

Comme pour l’ancien CFEL, un groupe de travail commun a été mis en place entre le conseil Général du Rhône et le SYTRAL. En effet, les anciennes emprises de la ligne sortent du périmètre du Grand Lyon mais, surtout, le vice-président chargé des transports au Conseil Général est aussi vice-président du SYTRAL et, surtout, Conseil Général de Vaugneray... Ce groupe de travail a donc bien sûr adopté une position réaliste en prenant les emprises du FOL comme une opportunité et non comme le moyen de répondre à la nostalgie des anciens ou passionnés.

"L’intérêt de cette emprise, en site propre, réside dans le fait qu’elle est en grande partie dans le domaine public et non bâtie. Sa réutilisation, lorsque cela est possible, est apparue comme une solution intéressante, à approfondir. Lorsque sa réutilisation n’est pas envisageable, un tracé alternatif par les voiries existantes sera étudié. [...]L’idée est bien de mettre en place une démarche pragmatique pour définir comment répondre au mieux aux besoins de déplacement en transport collectif sur le secteur, le but étant d’être opérationnel à court terme. "

La particularité de ce projet, contrairement à l’ex-CFEL, est qu’il repose sur un itinéraire qui n’est pas conservé intégralement. Dès lors, une plus grande liberté est possible dans la mise en œuvre du projet de réutilisation. On peut se permettre des étapes intermédiaires et éviter le "tout ou rien". Puisque le potentiel sur le secteur est intéressant (la ligne 74 est exploitée en bus articulés à certaines heures) mais qu’il ne justifie pas à court terme le tramway, on peut partir sur l’idée d’investissements rapides à mettre en œuvre et peu coûteux. On adopterait ainsi une démarche par étapes.

"Un diagnostic approfondi du secteur, lancé courant 2005, a permis de retenir des actions à mettre en place, ainsi qu’un calendrier de réalisations. C’est ainsi que le traitement de la montée des Esses, et de l’arrivée sur le rond point d’Alaï, est apparu comme un préalable indispensable pour toute amélioration future des déplacements collectifs sur le secteur. Une étude est d’ailleurs en cours sur ce thème ; elle sera suivie d’une étude sur la partie propre à la commune Tassin.

Parallèlement, des premières hypothèses de tracé, élaborée en étroite concertation avec les communes ont aussi proposées. Une étude devrait être lancée prochainement afin de définir le parcours le plus opportun entre Vaugneray et Craponne, celle-ci devant permettre d’arrêter l’itinéraire, la localisation des points d’arrêts et des parcs de rabattement.

D’une manière générale, on peut résumer le plan d’action souhaité par le groupe de travail comme suit :
- Phase 1 :Traitement de la montée des Esses et de l’arrivée sur le rond point d’Alaï ;
- Phase 2 : Traitement de l’itinéraire entre le rond point d’Alaï et le boulevard des Hespérides
- Phase 3 : Mise en place de l’itinéraire complet entre Vaugneray et Lyon Gorge de Loup

NB : les phases 1 & 2 sont en cours d’études."

Des études plus poussées ont été menées par l’Agence d’Urbanisme de Lyon. Elles montrent qu’à terme, les projections en terme de population (selon les documents de planification adoptées ou en cours d’élaboration) ne justifient pas objectivement la mise en place d’un tramway type T3. Ce serait donc une ligne express d’autobus ou trolleybus qui assurerait la desserte.


Réalisation


Dans un premier temps, les travaux offrent des améliorations pour les lignes 73 et 74 entre Gorge-de-Loup et Vaugneray avec la mise en place progressive d’une ligne presque complètement protégée de la circulation. Cette ligne prend le nom de code « LEOL » pour Ligne Express de l’Ouest Lyonnais. Le plan du projet sur le site du SYTRAL.

Comme on l’a vu, le projet se base sur l’ancien FOL fermé en 1954 et la ligne 74 actuelle avec, en arrière-plan, l’adhésion de l’ensemble de la communauté de communes des Vallons du Lyonnais au SYTRAL (même si Vaugneray et d’autres communes de cette communauté en faisaient déjà partie [2]).

La première phase se décomposait en trois parties (en 2010) :
- réalisé (janvier 2010) : le shunt des esses
- à venir : un site propre bus rue Joliot-Curie sur les communes de Tassin et Lyon 5e
- à venir : un couloir d’approche prioritaire au carrefour de Brignay en direction de Gorge de Loup en correspondance avec la halte d’Alaï du tram-train de l’Ouest Lyonnais.

La deuxième partie concernerait la portion à l’ouest de Francheville. S’agit-il de ce qui est évoqué en bas de la page 2 du compte-rendu du Comité Syndical du SYTRAL du 4 mars 2010 ? On parle d’acquisitions foncières et de 13,5 M€ HT pour l’ensemble de cette phase. S’agit-il des chantiers de 2010 qui sont repoussés (je ne pense pas vu les sommes !) ou de la phase suivante. Si c’est la phase suivante, on peut annoncer :
- Concertation : mai 2010
- Enquêtes Publiques DUP et parcellaire conjointes janvier 2011
- Arrêté de DUP été 2011
- Réalisation des travaux 2012-2013
- Mise en service de la ligne fin 2013
(source CR du CS du SYTRAL du 4 mars 2010)


Remarque


Les dernières évolutions du projet "LEOL" vont dans un sens qui me surprend. Je pensais qu’on aurait peur de toucher aux portions qui sont encore « naturelles » (notamment entre Francheville Bel-Air et Craponne) alors qu’il semblerait qu’on soit prêt à faire un site propre bien protégé et bien aménagé. Pas de quoi s’inquiéter pour l’environnement (au contraire, dans un sens, puisque plus de gens dans les bus plutôt qu’en voiture signifie moins de pollution au final) !

Ce qui me surprend donc, c’est qu’avec un bus express, on est obligé de goudronner (alors qu’un tram peut circuler sur une plateforme engazonnée qui, en apparence, reste "naturelle") et on occupe plus de largeur (2,40m seulement pour les trams lyonnais de T1/T2/T3/T4). Visiblement, on n’a pas peur de toucher à la verdure mais c’est plutôt le coût du tram (qu’on est obligé de dépenser en une fois) qui a rebuté (le bus express est réalisé petit à petit donc les dépenses sont étalées sur une période beaucoup plus longue). J’ai cependant réfléchi à la question et c’est l’objet de la réflexion présentée dans la page « proposition de desserte par tram de cet axe ».

Sources :
- Comptes-rendus des Comités Syndicaux du SYTRAL
- Une délibération du Conseil Général du Rhône hébergée sur le site levieuxbrindas.fr

Notes

[1le CFEL présentait l’avantage d’avoir une emprise débouchant directement dans le centre de l’agglomération. A l’inverse, la ligne de Trévoux nécessiterait soit une rupture de charge, soit l’emprunt d’un tunnel ferroviaire saturé, soit la réalisation d’un nouvel itinéraire entre Sathonay-Rillieux et la Part-Dieu

[2Pour l’adhésion de la CCVL au SYTRAL, voir http://www.lyon-en-lignes.org/forum/index.php?topic=9642.msg130045#msg130045