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(Historique) La compagnie FOL

samedi 4 avril 2015
Mis à jour le samedi 4 avril 2015

Le temps des ficelles, crémaillères, trams...

de 1878 à nos jours

Dans la perspective d’augmenter le trafic sur le funiculaire de Saint-Jean à Saint-Just qu’elle possédait depuis 1878, la compagnie du Chemin de fer de Lyon à Fourvière et à Saint-Just décida d’ouvrir un chemin de fer d’intérêt local à voie métrique (« le » FOL) reliant la gare haute de Saint-Just aux communes rurales de Vaugneray et Mornant avec voie commune jusqu’au Tupinier (Grézieu-la-Varenne). Elle prit le nom de compagnie du chemin de fer de Fourvière et de l’Ouest Lyonnais (« la » FOL). La mise en service du train FOL eut lieu en 1886/1887. Par la suite, la gare haute du funiculaire de Saint-Just accueillit également le terminus de deux autres lignes (de tramway cette fois-ci) vers Sainte Foy-lès-Lyon et Francheville-le-Bas.

La première, la ligne de Sainte Foy, fut mise en service en 1893 par la compagnie TSF (Tramway de Sainte Foy). Une de ses particularités était un écartement peu répandu à Lyon : 0,75 m ! La carrosserie avait été réalisée par un charron du village. L’autre ligne, vers Francheville-le-Bas, fut mise en service par la FOL en 1898. De 1898 à 1907, il y avait donc 3 lignes et demi (Sainte Foy, Francheville-le-Bas et les 2 antennes du FOL vers Vaugneray et Mornant) qui servaient de rabattement vers le funiculaire de Saint-Just, lui assurant un trafic conséquent.

La FOL avait souhaité creuser un tunnel pour relier les Minimes à Fourvière en 1891 afin de mieux desservir la "colline qui prie". Le projet n’ayant pu se faire, elle obtint la concession d’un funiculaire Saint-Jean - Fourvière (direct) en 1895. Le funiculaire ouvrit en 1900.

La même année, une compagnie concurrente ouvrit un funiculaire reliant la gare ferroviaire de Saint-Paul [1] à Fourvière où un tram de seulement 800m permettait de rejoindre ensuite le cimetière de Loyasse. Le projet visait à terme à prolonger le tram jusqu’à la place de Trion pour prendre de la clientèle à la FOL, les passagers préférant peut-être la correspondance à la gare de Saint-Paul. Le projet ne vit pas le jour et la ligne connut de nombreuses difficultés financières. La FOL racheta le tout en mars 1908.

En 1905, la ligne de Francheville était prolongée jusqu’à Francheville-le-Haut. De son côté, dès 1907, la ligne de Sainte Foy - rachetée entre-temps par la FOL et mise à la voie métrique - empruntait la montée de Choulans pour atteindre son nouveau terminus au Pont Tilsitt. Ce nouveau trajet évitait donc le détour par Saint-Just depuis les Trois-artichauts et la rupture de charge.

Dans l’optique de supprimer également la rupture de charge à Saint-Just, on imagina faire descendre les rames des lignes Vaugneray/Mornant et Francheville directement par le tunnel du funiculaire. On remplaça donc en 1900 la « ficelle » par une crémaillère de deux voies métriques. Après la fusion entre la FOL et l’OTL (la compagnie des Omnibus et Tramways de Lyon qui deviendra plus tard TCL), les essais eurent lieu sur la crémaillère en 1912. Les premières tentatives d’une voiture normale accompagnée d’une rame à crémaillère faillirent tourner à la catastrophe suite au déraillement de la rame à crémaillère soulevée par le poids de sa charge. Ainsi, en 1913, on tint compte de ce problème en achetant de nouvelles voitures équipées d’une crémaillère. On avait donc une ligne crémaillère/adhérence environ 70 ans avant la ligne C du métro ! Malheureusement, cette roue à crémaillère ne pouvait s’accommoder du revêtement inégal de l’époque à base de pavés. On dut se contenter de la rupture de charge de Saint-Just [2].

Dès lors, en 1920, la ligne de Francheville (ayant pris sous l’OTL l’indice « 30 », la ligne de Sainte Foy-lès-Lyon étant devenue « 29 ») se rendit, elle aussi, au Pont Tilsitt et le FOL fut le seul à subsister à la gare haute de Saint-Just jusqu’à sa disparition en 1954.

Le funiculaire Saint-Paul - Fourvière victime de nombreux ennuis techniques fut fermé par l’OTL en 1937 tandis que le tram Fourvière - Loyasse était remis en service pour la Toussaint 1938, 1939 et 1942 avant de laisser la place, de nos jours, à une jolie promenade...

En 1958, dans un souci de coût, de confort et de performance (trajet réalisé en 4min au lieu de 6min30 avec la crémaillère), on installa un funiculaire à traction électrique sur la portion Saint-Jean - Saint-Just.

En 1970, pour ses 70 ans d’existence, le funiculaire Saint-Jean - Fourvière fermait entre mai et décembre pour une réfection.

Le dernier aménagement du secteur eut lieu à Saint-Jean pour l’arrivée de la ligne D du métro. A cette occasion, on reconstruisit la station basse qui se retrouva au niveau R+1 tandis que l’ancienne gare basse accueillait l’office du tourisme. Ces aménagements furent ouverts en 1988 et le métro arrivait en 1991. Plus récemment l’office de tourisme a cédé la place à une agence TCL suite à l’installation des portillons d’accès à la station.

Au début des années 2000, on a entendu parler régulièrement de projets de réouverture de la ligne du FOL entre Vaugneray et Alaï (correspondance avec la ligne SNCF Brignais – Tassin), notamment à la Région. Le projet de révision du PDU n’abordait pas le sujet. On pouvait y lire seulement que des aménagements de voirie seraient réalisés sur "[...]- des secteurs où des opportunités d’aménagement du réseau de voirie peuvent se présenter (exemple de liaison Vaugneray - Craponne - Gorge de Loup)[...]". Une étude a cependant été menée conjointement par le SYTRAL et le Conseil Général du Rhône pour évaluer les possibilités de réutilisation de la plateforme au profit d’un TCSP (Transport Collectif en site propre). A ce sujet voir la page consacrée au projet.

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L’ère des trolleybus

1935-1965

Pour compenser l’échec de la suppression de la rupture de charge à Saint-Just pour la ligne 30 (en utilisant le tunnel vers Saint-Jean), la FOL l’envoya rejoindre le Pont Tilsitt par la Montée de Choulans, tout comme la ligne 29. La pente étant importante, afin d’améliorer les performances des deux lignes, on voulut tester le trolleybus, bien plus puissant à l’époque que le tram. La 30 allait être équipée ainsi en 1935 et la 29 en 1936.

Le trolleybus allait par la suite conquérir de nombreuses lignes à Lyon avant de céder sa place (en raison généralement du manque de volonté des décisionnaires, l’autobus étant plus facile à gérer du fait de l’absence de lignes aériennes). En effet, les lignes étaient souvent coupées sur quelques portions en raison de travaux de voiries (principalement des élargissements) et on préférait par la suite mettre un bus sur la ligne plutôt que de rétablir les portions déposées. Ce n’est que lorsque la question de la dépendance énergétique et plus tard de la pollution apparaîtront sur le devant de la scène que le trolleybus resurgira...

En 1962, la ligne 30 fut la première à voir des autobus. Elle fut scindée en deux lignes. La 30A gardait ses trolleys pour le trajet Saint-Jean – Point du Jour - La Plaine tandis que la nouvelle ligne 30 B assurait le reste du trajet de l’ancienne 30 entre la plaine et Francheville-le-Haut et se rendait à Lyon sans faire le crochet par le Point du Jour. Elle desservait Grange-Bruyère, proche de la place Saint-Luc et du quartier des Provinces en cours d’aménagement. La ligne 29 vit disparaître, elle, ses trolleys en 1965, la même année que la 30A qui connut finalement un répit de courte durée. La fin du trolley dans le secteur est dû en fin de compte à la construction du tunnel autoroutier sous Fourvière qui entraîna la dépose des voies de trolley qu’on ne voulut pas réinstaller par la suite [3].

Le PDU (Plan des Déplacements Urbains) adopté en 1997 propose que l’axe Francheville – Presqu’île (axe « A2 ») soit considéré comme un axe prioritaire et équipé comme tel. Cela devrait signifier le retour du trolleybus [4] sur un trajet passant probablement par le Point du Jour, tout comme la ligne de trolley de 1935… Soulignons cependant le fait que depuis les précisions apportées dans la révision du PDU en 2005, le SYTRAL conditionne cet aménagement à l’ouverture du TOP.

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La domination des autobus/autocars

de 1933 à nos jours

La période des autocars et autobus commence dans le secteur en 1933 lors de la fermeture de la branche Le Tupinier – Mornant du FOL pour se poursuivre jusqu’à aujourd’hui.

Les autocars de la liaison Le Tupinier – Mornant disparurent en ????. Lors de la fermeture du FOL en 1954, l’OTL assura la liaison Vaugneray - Saint-Jean par la route (indice « 37 ») jusqu’en 1957. Entre 1957 et 1977, c’est la société Lafond qui reprit l’exploitation de la ligne, sans indice depuis "Pêcherie".

Les lignes 29 et 30 avaient, de leur côté, pu garder leurs trolleys jusqu’en 1965 (au maximum). C’est en raison des travaux du tunnel routier de Fourvière que les trolleys furent remplacés par des bus. Des petites portions de fils avaient dû être coupées et, comme souvent à cette époque, plutôt que de les rétablir, on installait des bus. Des autobus étaient néanmoins apparus sur la 29 dès 1958 pour assurer la navette entre Sainte Foy-centre et l’Hôpital et sur la 30 en 1962. En 1962, la 30 avaient en effet été scindées en 2 lignes : 30A par Saint-Jean – Trion – Point du Jour – La Plaine en trolley et 30B par Saint-Jean – Trion - Grange-Bruyère – La Plaine - Francheville le Haut en Berliet PH100.

En 1965, l’ensemble des lignes 29 et 30 et les lignes reprenant la desserte de l’ancien FOL étaient assurées par autobus. Plus aucun tram ou trolley sur ces lignes !

De 1970 à nos jours, les prolongements ou modifications mineures d’itinéraire se succèdent avec un changement symbolique fort : à l’occasion d’une réorganisation du réseau, la numérotation change. Plusieurs des lignes du secteur deviennent des lignes structurantes et portent la lettre "C" :
— 29 devient C19
— 30 devient C20 (avec création d’un service direct C20E par Saint-Irénée)
— 74 devient C24
— ... et le projet LEOL aboutit à la mise en service de la ligne C24E qui circule en heures de pointe et reprend une partie du trajet du FOL

Notes

[1ligne de Lyon Saint-Paul à Montbrison pas Tassin-la-Demi-Lune, l’Arbresle et la vallée de la Brévennes

[2faut-il le regretter ou s’en réjouir ? Comment le savoir ! une ligne directe entre l’Ouest Lyonnais et le centre de Lyon aurait été très attractive... mais qui dit qu’elle n’aurait pas été supprimée complètement quand on fermait toutes les portions de tram ?! Les funiculaires qui ont été conservées ne l’ont-ils pas été parce qu’ils étaient souterrains et hors du réseau ?

[3on peut noter qu’on trouvera plus de renseignements dans l’ouvrage Le Trolleybus à Lyon

[4le tram ayant peu de chances d’être choisi pour plusieurs raisons : il faudrait qu’il soit complètement motorisé - donc plus cher - pour gravir la montée de Choulans alors que le trafic ne nécessiterait probablement pas de passer directement au tram et enfin, vu le peu de voiries sur la colline, il faudrait supprimer des voies de circulation, ce qui reste difficile politiquement ou faire des voies partagées, ce qui ralentirait les performances de la ligne